Bosser face au public : 5 choses apprises (via madisonroad.fr)
Boulot

Bosser face au public : 5 choses apprises

6 novembre 2017

J’ai toujours aimé le contact avec le public, ce qui est plutôt étrange sachant que je suis une introvertie.
Ça fait vraiment trois ans que je bosse face au public, que je me suis reconvertie. Avant, je ne travaillais face aux gens qu’à l’occasion de Festivals, 1 à 2 fois dans l’année. Je ne faisais pas ça toute la journée, 5 fois par semaine, 8 heures par jour.

A faire ça comme travail, on en apprend des choses sur les gens. Et aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous, 5 choses apprises à bosser face au public.

Bien entendu, tous les boulots qui font côtoyer du public ne connaissent pas forcément ces 5 choses, il y en a sûrement d’autres. Mais je pense que certains points se retrouvent.
Je précise aussi que, fort heureusement, tous les gens ne sont pas comme ça et sont les raisons que j’aime bosser face au public.

 

Un être humain tu ne seras plus

L’une des premières choses que toute personne bossant face au public remarquera c’est qu’on cesse d’être un être humain. Aux yeux du public.
Vous n’avez pas le droit d’avoir des émotions, d’être triste ou en colère, d’élever la voix quand on vous gueule dessus / insulte pour la xxxxxxè fois de la journée.
Bosser face au public, c’est « accepter » l’idée de ne plus être un être humain pendant quelques, plusieurs, heures.

Une merde tu seras

Cela va avec le premier point de ne plus être un être humain.
Disons les choses clairement, bosser face au public c’est, très souvent, être considéré(e) comme une merde aux yeux des gens. Une personne inférieure, sans diplôme, qui fait ça parce qu’elle n’est pas capable de faire mieux. Alors que la vérité c’est que les gens qui bossent face au public sont parfois sur-diplômés (j’ai connu des Bac+5 et +7 en caisse !) et que s’ils font ce boulot, c’est parce que justement, ils sont trop intelligents pour leur monde du travail.

Non respect, engueulades, insultes, s’il y a un problème dans la gestion du lieu de travail, un truc qui ne va pas dans le sens du client, c’est toi, pauvre petit(e) employé(e) qui sera responsable. C’est bien connu, que c’est toi qui fait les règles pour emmerder les gens qui vont ensuite t’engueuler. Parce que c’est aussi bien connu, que tu aimes te faire insulter et traiter comme une merde toute la journée.

Roi, le client se croira

A moins de bosser dans un établissement de luxe, où il y a des règles bien strictes et que je peux comprendre, j’aimerais bien savoir qui a instauré cette idée du « client est roi ». D’accord, c’est lui qui apporte l’argent mais est-ce une raison pour un tel comportement ?
Selon moi, il n’y a rien de plus faux et cela rend les gens exécrables et mal élevés.

J’ai eu le cas d’un parent qui voulait pour sa fille un tarif réduit mais sans justificatif. Il insistait et me gueulait dessus comme une merde, disant que j’en faisais trop, blabla, que j’étais bonne à rien, blabla. A la fin, je lui ai rappelé que c’était moi qui étais derrière la caisse et que c’était moi qui aurais le dernier mot sur le prix à payer. (Bien sûr il n’a pas aimé et a continué à gueuler mais il a bien pris le temps d’intégrer ma réponse.)

 

A ce niveau, je m’arrête quelques instants.
Je précise, à nouveau, que tous les gens ne sont pas comme ça. Tous les clients ne traitent pas les employé(e) comme une merde et ne se croit pas roi du monde. Heureusement, sinon il n’y aurait plus personne pour bosser face au public.
Si vous prenez mal cet article, c’est que vous vous sentez visés, que vous avez un de ces comportements.

 

Assisté, le client est

Non, le client n’est pas roi. Le client est un assisté à qui l’on doit tout expliquer, tout dire sans qu’il cherche de lui-même. Tout doit lui être servi sur un plateau et on doit lui tenir la main à chaque étape. J’en ai encore eu l’exemple hier soir, à qui il faut répéter les choses 4 fois parce qu’ils n’écoutent pas et après ne sont pas contents, mais des exemples j’en ai pleins.

Un jour, une dame me demande où sont les toilettes.
Moi : en bas à droite.
Elle : il faut que je descende les marches ?
Moi : ……..

J’ai aussi eu cet étranger avec sa famille qui veut connaitre nos horaires. Je lui tends une feuille avec la grille mais il s’est obstiné à ne pas la lire et à me demander en me regardant les horaires. J’ai fait comme lui, et me suis obstinée à lui montrer la grille en lui disant que tous les horaires étaient inscrits. Il insiste, j’insiste et au bout de la 4ème fois, sa fille intervient pour lui dire les horaires mais il attendait clairement cette information de moi.
Lui, c’était typiquement le client qui se croit roi.

 

Le client (pas tous, encore une fois !!) est un assisté. Qui ne cherche pas de lui-même les informations, lit ce qui l’arrange et si ça ne va pas dans son sens, il tiendra l’employé(e) qu’il a devant lui pour responsable. Bah oui, c’est de ta faute si le client ne sait pas lire ou s’organiser.

Fort(e) tu seras

Sachant cela, il faut que toi qui bosses face au public, tu sois (et tu l’es) fort(e).
Bien sûr, tu es un être humain, tu as le droit d’en avoir marre, de vouloir être respecté(e). Il y a des jours où ça ne sera pas évident de supporter cela mais il faut essayer. Être fort(e) face à la bêtise des gens et se faire une raison. Après tout, c’est le boulot qui veut ça. Il y a des jours où cela sera facile et les clients chiants ne t’atteindront pas. Parce que tu es fort(e), mais surtout blasé(e). C’est l’attitude que j’adopte le plus souvent face aux personnes agaçantes, être blasée de voir que les gens ne savent pas se débrouiller seul.

 

Bosser face au public n’est pas évident et ce n’est pas pour tout le monde.
Si vous faites ça occasionnellement, cela ne posera pas de problème. L’investissement ne sera pas le même si vous faites ça 5 fois par semaine, 8 heures par jours. Mais il y a du bon à bosser face au public : on découvre l’être humain (dans son meilleur et son pire), on devient plus réaliste et moins naïf (enfin ça dépend des gens), on renforce son caractère, on change notre regard sur les autres boulots qui reçoivent du public (du coup, on est plus sympas avec les employé(e)s quand c’est notre tour d’être client). Et puis il y a de belles rencontres, des petits moments magiques avec des gens qui illuminent votre journée, d’un sourire, d’un mot gentil, d’un compliment. On ne le trouvera dans aucun boulot enfermé dans un bureau. Et ça, c’est vraiment le meilleur à retenir.

Vous pouvez partagerShare on FacebookPin on PinterestTweet about this on TwitterEmail this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*